EmissionAlain

Vie de quartier, tranches de vie, anticipation du présent. Même inclassable, ce journal se veut un autre.

20 avril 2008

Juste à côté de nous

Mot

Parmi moi

de moi-même

à moi-même

hors toute constellation

en mes mains serré seulement

le rare hoquet d’un ultime spasme délirant

vibre mot

j’aurai chance hors du labyrinthe

plus long plus large vibre

en ondes de plus en plus serrées

en lasso où me prendre

en corde où me pendre

et que me clouent toutes les flèches

et leur curare le plus amer

au beau poteau-mitan des très fraîches étoiles


[…]


le mot nègre

comme le dernier cri vêlé de l’innocence

entre les crocs du tigre

et comme le mot soleil est un claquement de balles

et comme le mot nuit un taffetas qu’on déchire

le mot nègre

dru savez-vous

du tonnerre d’un été

que s’arrogent

des libertés incrédules


Aimé Césaire (26  juin 1913 – 17 avril 2008)

Avec un étonnement grandiose, j'ai lu ce poème arrivé dans ma boite mail, il m'a été envoyé par une personne avec qui je n'ai, à priori, que des relations de travail, de chantier, de technicien à architecte, et l'arrivée de ce poème a eu un effet surréaliste... Tout d'abord je n'ai pu m'empècher de penser "mais... ??? il pété un câble?...." puis, en relecture lisant la date, les dates, j'ai compris, j'ai compris que la sensibilité est une force faible qui passe les murailles.

18 avril 2008 13:18

Posté par EmissionAlain à 18:51 - Poésie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"une force faible qui passe les murailles".. comme c'est joli !

Posté par ambre, 08 mai 2008 à 12:04

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